Impôts sur le revenu 2018 : barème progressif ou prélèvement forfaitaire unique pour les revenus du capital ?

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déclaration revenus 2018 - impôt 2019

Il est plus que temps de s’intéresser à sa déclaration d’impôts 2019 sur les revenus de 2018. D’autant plus que cette année fiscale est vraiment très particulière. 

Tout d’abord, le 1er janvier 2018 a vu naître une flat tax version française, le prélèvement fiscal unique (PFU) au taux de 30 %. Le PFU est composé de 12,8 % d’impôt forfaitaire et 17,2 % de prélèvements sociaux. Il a été prélevé à la source en 2018 sur tous les revenus du capital (dividendes, intérêts, coupons, etc.) par les établissements financiers domiciliés en France.

La déclaration d’impôts 2019 suppose que le contribuable accepte par défaut le PFU, auquel cas l’impôt forfaitaire propotionnel de 12,8 % devient libératoire pour les revenus déjà ponctionnés à la source. Et il s’appliquera par défaut sur les plus-values de cession de 2018.

Toutefois, l’option du PFU est facultative. Le contribuable peut parfaitement décider de taxer ses revenus et ses plus-values du capital 2018 au barème progressif de l’impôt sur le revenu comme c’était le cas auparavant. Dans ce cas de figure, ses revenus et gains en capital devraient selon toute logique être imposés dans sa tranche marginale d’imposition au TMI de 14 %, 30 %, 41 %, ou 45 % selon sa bonne fortune.

Tout contribuable sensé serait tenté d’opter pour le PFU puisque son taux de 12,8 % est inférieur à la première tranche de TMI à 14 %. Logique, non ?

Eh bien! non. Ce raisonnement simpliste est faux pour les revenus du capital de 2018. C’est un piège que je trouve à l’image du désarroi fiscal ambiant.

La raison tient à la seconde grande nouveauté fiscale de cette année. J’ai nommé l’instauration au 1er janvier 2019 du prélèvement à la source.

Tout le monde a entendu parler de l’année blanche 2018. Comme le prélèvement à la source porte sur les revenus de 2019, les revenus de 2018 ne devraient théoriquement pas être imposés. C’est vrai, mais seulement en partie.

Le gouvernement a en effet prévu que seuls les revenus récurrents (non exceptionnels) de 2018 ne seront pas imposés. Pour éviter une double imposition des revenus récurrents, l’administration fiscale a inventé un mécanisme appelé Crédit d’Impôt pour la Modernisation du Recouvrement (en abrégé CIMR).

Le CIMR est un crédit d’impôt qui vient effacer l’impôt sur les revenus récurrents. En résumé, le CIMR s’impute sur l’impôt dû sur les salaires pour les salariés, et globalement sur tout revenu non exceptionnel. L’idée est de contourner les contribuables futés qui auraient eu l’idée saugrenue de profiter de l’année blanche pour multiplier leurs revenus en 2018 en espérant échapper à l’impôt.

En conséquence, tout ce qui sort du champ des revenus récurrents de 2018, et donc du CIMR, sera bel et bien taxé en 2019. C’est le cas en particulier des revenus et gains du capital engrangés en 2018 qui constituent le sujet de notre article. D’où la nécessité de bien remplir sa déclaration de revenu 2018, et pour ça de lire attentivement la suite de cet article.

Et c’est là que l’histoire devient drôle, si tant est qu’on puisse rire en matière de fiscalité. Le mécanisme simpliste du CIMR (voir détails plus bas) implique que les revenus du capital de 2018, s’ils sont intégrés aux revenus, ne seront pas taxés au TMI mais au taux moyen d’imposition du contribuable.

J’imagine que la notion de taux moyen d’imposition (le rapport de l’impôt divisé par le revenu net imposable) échappe au contribuable lambda, car le contribuable lambda ne comprend pas l’imposition par tranche de revenus. Sans rentrer dans les détails, le taux moyen d’imposition est nettement inférieur aux tranches de TMI. En pratique, le taux moyen d’imposition est proche du taux de retenue à la source appliqué sur les revenus depuis janvier 2019.

De nombreux contribuables, y compris dans la tranche d’imposition à 30 %, ont un taux moyen d’imposition inférieur au taux du PFU de 12,8 %.

Encore plus pernicieux. L’option du PFU exclut tout abattement et toute déduction de charges sur les revenus du patrimoine. Exit par exemple, l’abattement de 40 % sur les dividendes, les abattements pour durée de détention sur les plus-values de cession, ou la déductibilité partielle de la CSG. L’assiette imposable au PFU ne peut donc qu’être supérieure à l’assiette imposable au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette particularité peut faire passer sous la barre des 12,8 % le taux d’imposition effectif que subiraient même certains contribuables dans les 2 tranches supérieures à 41 % et 45 %.

Bref, c’est un vrai sac de noeuds fiscal que seule la France est capable d’engendrer.

Mais en pratique alors, que choisir pour l’imposition de ses revenus et gains du capital de 2018 : PFU ou barème de l’impôt sur le revenu ?

Pour répondre à cette question, il n’y a qu’une manière sûre de procéder. Il faut simuler le calcul de son impôt 2018 avec l’option du PFU, puis refaire la même simulation avec l’option du barème progressif. Il faut enfin choisir l’option  la plus intéressante pour remplir sa déclaration.

Mais attention, tout n’est pas si simple ?! Le choix du barème progressif a des implications fiscales par ricochet car il augmente de fait le revenu net imposable du contribuable. Ceci aura notamment des conséquences sur l’actualisation du taux de retenue à la source prévu en septembre 2019.

Dans cet article, je vous explique d’abord sur un cas simple le mécanisme du CIMR et comment il interagit avec l’imposition des revenus et gains du capital de 2018.

Puis je vous montre comment réaliser les 2 simulations sur le simulateur des impôts pour vous aider à choisir entre PFU et barème progressif. Pour ces simulations, j’utiliserai les montants réels de notre déclaration 2019 sur les revenus de 2018.

Après avoir battu le record de longueur de l’introduction d’un post sur ce blog, allons-y…

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Patrimoine nos-finances-personnelles – année 2018

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patrimoine nos-finances-personnelles - patrimoine net - 2002-2018

L’heure est venue de faire le bilan patrimonial de l’année 2018 déjà loin derrière nous.

En résumé, notre patrimoine net de toute dette au 31/12/2018 atteint la somme respectable de 979 k€. C’est 36 k€ de mieux sur l’année écoulée puisque notre patrimoine net s’élevait à 943 k€ au 31/12/2017 (relire le précédent bilan annuel pour les détails).

Cette année fut particulièrement intéressante pour tester la résilience de notre patrimoine. La baisse des indices boursiers, en particulier au mois de décembre, a en effet exercé un stress indéniable sur nos actifs financiers.

Nos portefeuilles boursiers passifs (en particulier mon PEA) n’ont bien sûr pas échappé à la baisse. Mais vous allez pouvoir constater que l’impact de cette baisse sur notre patrimoine a été finalement limité. On ne soulignera jamais assez l’importance de la diversification patrimoniale.

Mon seul petit regret de 2018 est quand même cette chute de la bourse en décembre qui nous a fait rater de peu la barrière symbolique du million d’euros. Dommage, peut-être la prochaine fois…

Mais ceci n’empêche pas la marche vers l’avant de notre patrimoine depuis 2002 comme en atteste le graphique en tête de gondole de l’article : cela fait maintenant 17 ans de progression de rang, sans aucune baisse. En fait, la série est plus longue. Mais je n’ai pas d’archive précise avant 2002.

C’est le fil rouge de ce blog. Nous faisons la démonstration, en toute transparence, qu’il est possible de bâtir patiemment un patrimoine appréciable sans toucher un salaire de footballeur. C’est à la portée de presque tout le monde. Il suffit d’être discipliné et persévérant dans ses investissements, et surtout dans ses dépenses.

Pour le lecteur pressé, examinons dans les grandes lignes comment notre patrimoine a pu progresser de 36 k€ en 2018 :

  • En parlant de discipline, si notre patrimoine a progressé en 2018, c’est en premier lieu grâce à un taux d’épargne hors norme représentant 75 % de notre revenu disponible (revenu net d’impôts), lequel a par ailleurs battu un nouveau record à 100 k€.
    Un taux d’épargne de 75 % peut sembler exagéré, voire ridicule pour certains. Je devine que ceci peut sembler très frustrant à celles et ceux qui galèrent pour boucler leurs fins de mois.
    Mais c’est naturel et sans effort pour nous. Malgré des revenus beaucoup plus modestes dans le passé, notre taux d’épargne n’est jamais passé sous la barre des 50 %. Nous avons conservé au fil des ans cette habitude de frugalité.

  • L’autre facteur favorable est la bonne tenue de l’immobilier. En tant que propriétaire (sans dette) de notre résidence principale, ceci nous a permis d’enregistrer une provision de quelques 6 k€ dans la rubrique Provisions & Dépréciations.

  • Comme mentionné plus haut, le gros frein sur notre patrimoine en 2018 est la chute de la bourse.
    Pourtant, de manière assez surprenante, le total de la valeur liquidative de nos 4 comptes investis en bourse (PEA, Compte-titres ordinaire, Compte de trading ProRealtime et enfin Compte sur Marge Interactive Brokers) progresse quand même d’un peu plus de 8 k€ sur un an.
    Cette progression est cependant en trompe l’oeil. Elle résulte en effet d’un apport en liquide de 10 k€ sur le compte-titres ordinaires, et de la capitalisation des presque 15 k€ de dividendes nets versés. Un trading plutôt efficace sur mon compte sur marge (relire cet article récent à ce propos) a également contribué à amortir la chute libre des indices en fin d’année.

Outre la progression du patrimoine, nous poursuivons en parallèle l’objectif d’indépendance financière. Le but du jeu est de couvrir ses dépenses à l’aide des seuls revenus alternatifs (les revenus autres que ceux du travail).

Et bien, je peux annoncer fièrement que cet objectif a été atteint pour la première fois en 2018. Nous sommes en effet parvenus à produire 46 k€ de revenus alternatifs en 2018. Ce montant a couvert nos dépenses totales de 39 k€ (y inclus 13 k€ d’impôts directs).

En allant un peu plus loin, je reconnais toutefois qu’environ la moitié de ces revenus alternatifs sont des plus-values qui, par nature, ne sont pas forcément reproductibles. Le défi pour les années qui viennent est de pérenniser ces revenus alternatifs.

Pour ceux qui ont le temps, voyons tout ça dans le détail…

 

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Compte sur marge Interactive Brokers – Don’t stop me now

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Mr Farenheit – travel at the speed of light…

Cela fait maintenant un an et demi que j’ai ouvert un compte sur marge chez Interactive Brokers. Je vous propose un premier bilan détaillé sur l’activité de ce compte.

Le compte a été capitalisé à hauteur de 100 k le 15 juin 2017 (relire cet article à ce propos). Au 31/01/2019 après bourse, soit à peu près 19 mois plus tard, sa valeur liquidative  est de 122,5 k.

Comme aucun apport en espèces n’est intervenu entre-temps, ni aucun retrait, la performance est tout simplement de +22,5 % sur le capital investi. Pour être tout à fait précis, la valeur liquidative est amputée du prélèvement à la source sur les dividendes du fisc américain (Internal Revenue Service) qui me sera remboursé cette année.

En tenant compte de ce détail, la performance brute réelle est de +23,3 %. Ceci correspond à une performance annualisée de +13,7 %, largement au-delà de mon objectif pour ce portefeuille que j’ai fixé à +10 % par an.

L’idée de ce compte sur marge est de dégager des revenus via 2 vecteurs :

  • Les dividendes tirés d’actions préférentielles (Preferred stocks) et de titres de dettes US à faible valeur faciale (baby bonds) ;
  • La vente d’options sur actions américaines.

Ce portefeuille est donc hybride par nature. Les actions préférentielles génèrent un revenu fixe totalement passif. A contrario, l’activité de vente d’options nécessite plus d’implication et de technicité. Typiquement, j’y consacre quelques heures par semaine pour les prises de position, en général en début de semaine, puis pour la surveillance des positions jusqu’au « débouclage » de fin de semaine.

La rente passive issue des actions préférentielles agit comme un filet de sécurité pour l’activité plus risquée de trading d’options. Cette rente passive s’élève actuellement à environ 4 350  par an pour un capital investi de l’ordre de 58 k. Elle affiche par conséquent un rendement de 7,6 % qui reflète un profil de risque au-dessus de la moyenne.

Mais la majorité des revenus du portefeuille est tirée de l’activité de trading d’options. Ainsi, depuis l’ouverture du portefeuille, j’ai engrangé 19,1 k€ de plus-values brutes, soit presque 3 fois le total des dividendes perçus qui s’élève à 6,8 k.

Pour le coup, je suis bien d’accord avec le grand Freddy :  « Don’t stop me now, I’m having such a good time, I’m having a ball… » Mais voyons tout ceci dans le détail.

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Patrimoine nos-finances-personnelles – août 2018

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patrimoine nos-finances-personnelles-2012-aout 2018

Il est plus que temps de faire un bilan patrimonial en conclusion de cet été torride qui a joué les prolongations. J’établis en effet traditionnellement chaque année un bilan intermédiaire arrêté à fin août que je vous propose dans cet article. Oui, oui, fin août. La rentrée a été agitée, et l’été indien incité à lézarder…

Ceci dit, je pense que nous avons une originalité sur nos-finances-personnelles.com. Nous maintenons à jour une archive numérique de nos flux financiers depuis une vingtaine d’années. Nous sommes par conséquent capables de publier à l’euro près l’évolution de notre patrimoine depuis le passage à la monnaie unique le 1er janvier 2002. C’est à mon humble avis un exercice de transparence unique.

Vous pouvez constater sur le graphique en tête d’article que notre patrimoine a une fois de plus progressé sur les 8 premiers mois de l’année 2018. En date du 31 août 2018, notre patrimoine net de toute dette atteignait la somme de 976 k€. C’est une nouvelle progression de 33 k€ par rapport au dernier bilan datant de la fin 2017.

Notre méthode d’enrichissement repose toujours sur une discipline de bon père de famille basée sur le contrôle des dépenses et un choix judicieux d’investissements. Cette méthode de « grappillage », qui je l’admets n’est pas du tout bling bling, correspond parfaitement à nos modes de vie et de pensée.

Vous ne trouverez pas ici de recette magique pour devenir riche en 2 ans. Le trading sur forex ou l’entreprenariat ne sont pas compatibles avec notre ADN. Un enrichissement rapide implique forcément une prise de risque élevée et/ou un travail stressant qui peut nuire à la santé. Ce n’est pas ma tasse de thé. Mon actif le plus précieux est intangible : c’est ma VO2max, et elle n’a pas de prix.

La progression de nos avoirs est donc comme d’habitude la résultante d’un patrimoine équilibré. Tout d’abord, nous possédons notre Résidence Principale (pas la banque, car l’emprunt est remboursé depuis longtemps). Ceci peut sembler ringard mais c’est sûrement notre meilleur investissement de long terme. Ce modeste pavillon individuel dans la proche couronne Lilloise est désormais évalué à 376 k€, soit une nouvelle progression de 7 k€ sur un an.

Sur le plan des actifs financiers, je note également une belle progression de 32 k€ qui porte leur valeur totale à environ 549 k€. La progression régulière de nos actifs financiers devient de plus en plus un défi car la part des supports risqués (essentiellement des actions détenues sur 2 comptes-titres et un PEA) y est désormais dominante.

Ainsi mon PEA qui émarge à 139 k€ marque nettement le pas (-4 k€ sur les 8 premiers mois de l’année). Ceci est heureusement compensé par la bonne tenue de mes compte-titres qui totalisent une contre-valeur de 192 k€ soutenue notamment par la remontée du dollar face à l’euro. On ne soulignera jamais assez l’intérêt de la diversification.

Enfin, nous n’oublions pas l’objectif principal de ce patrimoine qui est de nous délivrer une rente complétant nos revenus d’activité. Avec 26k€ de revenus alternatifs perçus à fin août, 2018 s’annonce comme un bon cru. Les revenus alternatifs anticipés sur l’année pleine sont de 33 k€, soit l’équivalent d’un peu plus de 2 700 € bruts par mois. Environ la moitié de cette somme est le produit des seuls dividendes de portefeuilles de rendement et peut donc être qualifiée de vraie rente passive.

Mais examinons tout ceci en détail.

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Suivi Compte Titres Ordinaire – bilan à 3 ans

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David Fish - décédé le 12 mai 2018 à 68 ans
David S. Fish – Créateur de la liste des Dividend Champions/Contenders/Challengers (CCC) – décédé le 12 mai 2018 à l’âge de 68 ans – RIP

Trois ans se sont déjà écoulés depuis l’ouverture de mon compte titres ordinaire investi en actions de rendement nord-américaines. Il est temps de dresser un bilan.

Je rappelle brièvement que ce portefeuille a pour vocation de générer un revenu passif basé sur les dividendes d’actions essentiellement américaines, plus accessoirement canadiennes.

Le mérite principal de cette stratégie passive, souvent dénigrée par les traders, est justement qu’elle est passive. Elle est peu chronophage et peu stressante, et donc offre le confort de la perception d’une rente.

Concrètement, la rente passive est générée par des actions choisies dans la liste des aristocrates des dividendes US de Standard & Poors, et plus largement dans la liste des ‘CCC‘ créée par David Fish, les fameux Dividend Champions/Contenders/Challengers/, les actions US ayant augmenté leur dividende sans interruption pendant 25, 10 et 5 ans respectivement.

Je profite de cette tribune pour rendre hommage au travail chirurgical de David Fish qui vient de nous quitter en mai dernier. Sa liste publiée inlassablement tous les mois à titre gracieux (de plus en plus rare dans ce monde mercantile) m’a beaucoup inspiré ces dernières années dans mes idées d’investissement de rendement outre-Atlantique.

Afin de booster le rendement de ce portefeuille, je m’autorise cependant à sortir de ces listes, mais pour un pourcentage faible du portefeuille.

Depuis le dernier reporting de juin 2017, la trajectoire de remontée des taux longs outre-Atlantique a été confirmée. Ce climat est normalement peu favorable aux actions de rendement à croissance faible telles que celles des secteurs des Télécoms ou des Services.

L’oncle Sam paye désormais pas loin de 3 % sur ses obligations du trésor à 10 ans. Dans un tel contexte, outre les décrochages épidermiques de certains titres, il reste 2 motifs sérieux pour continuer à investir sur des actions de rendement : la croissance du dividende qui doit au moins compenser l’inflation, ou un spread important offert par des actions plus risquées au rendement élevé.

Les mouvements du portefeuille depuis juin dernier sont en accord avec ces 2 motifs. Ainsi, j’ai sorti du portefeuille l’aristocrate des dividendes T Rowe Price Group suite à un rallye haussier qui avait ramené son rendement nettement sous la barre fatidique des 3 %. A l’opposé, les autres aristocrates des dividendes Altria Group, Cardinal Health et General Mills ont fait leur entrée.

Hors de l’univers des aristocrates, j’ai renforcé les lignes United Parcel Service et Century Link. J’ai également à nouveau renforcé le récemment promu Dividend Champion Realty Income. L’emblème de l’immobilier triple net continue de dérouler sa force tranquille. Pourquoi se priver d’une telle rente locative sans aucun souci de gestion des locataires ? Et enfin, opération inhabituelle sur ce portefeuille passif, j’ai effectué un allez-retour sur AbbVie, empochant au passage une plus-value confortable.

En terme de performance du portefeuille, je reste pour l’instant satisfait. Au total, j’ai investi 65 000 en 3 ans. La valeur liquidative du portefeuille au 30/06/2018 est de 75 309 . Sur ces bénéfices d’un peu plus de 10 300 , le coussin de plus-values latentes est d’environ 1 000 . Il a régressé depuis l’an dernier, mais c’est logique puisque j’ai empoché dans le même temps environ 3 900 de plus-values réalisées. Le complément des gains empochés, soit environ 5 400 , représente le cumul des dividendes amputés des prélèvements sociaux et du prélèvement fiscal américain. Ces deux prélèvements à la source amputent de fait la valeur liquidative comptable du portefeuille.

La performance du portefeuille depuis l’origine a repris de la vigueur, profitant notamment de la récente remontée du dollar face à l’euro. La valeur de la part brute a progressé de 30 % en 3 ans, pour un TRI brut annualisé de 8,6 %. C’est légèrement supérieur à la performance de long terme de la bourse américaine. Je n’en demande pas plus.

En terme de rente sur dividendes, puisque c’est de fait l’objectif principal de ce portefeuille, je suis également satisfait. J’ai déjà signalé ci-dessus que les dividendes représentent plus de la moitié des bénéfices du portefeuille. Il s’agit bien d’un portefeuille de rendement, c’est le but recherché. Je constate en outre que la rente exprimée en euros a progressé de 850  en un an. Elle atteint désormais 3 850  bruts par an, et ceci malgré un volant de liquidités non investies conséquent.

Je rappelle rapidement que mon objectif à terme sur ce portefeuille est de dégager une rente annuelle de $10 000 US, soit l’équivalent d’environ 8 600  € au cours actuel de l’euro/dollar. Sauf catastrophe, je devrais atteindre la moitié de l’objectif cette année…

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