Ouverture d’un compte titres ordinaire

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l'oncle Sam a besoin de vousComme signalé récemment, j’ai ouvert fin juin un Compte Titres Ordinaire afin d’y loger des actions cotées en Amérique du Nord.

Sur ce nouveau vecteur d’investissement, je resterai orienté, à l’image de la stratégie sur mon PEA, vers les grandes et moyennes capitalisations capables de distribuer un revenu pérenne basé sur les dividendes.

Toujours la même tactique « buy and hold » : acheter, encaisser les dividendes, puis les ré-investir avant la phase de consommation en rente.

Mon univers d’investissement pour les titres détenus en direct sur ce marché immense sera restreint aux entreprises du S&P 500 pour les US et au S&P/TSX (hors small caps) pour le Canada.

L’objectif sur mon PEA est de nous constituer une rente annuelle de 10 000 € bruts (je vais dépasser la moitié de cet objectif cette année).

Je « double » l’objectif total avec ce compte titres qui devra nous générer à terme 10 000 $ (USD) de revenus alternatifs supplémentaires.

Le compte titres a été ouvert chez le courtier low cost Binck en raison de ses tarifs très compétitifs sur les marchés américains, sûrement parmi les plus bas si on s’impose une domiciliation de compte pour profiter d’un IFU pré-rempli.

Un pas de plus à terme vers la liberté financière, je l’espère.


Le choix du compte titres

Rappelons le contexte général. Notre but est d’atteindre l’indépendance financière d’ici 10 ans, c’est-à-dire parvenir à couvrir nos dépenses annuelles, qui sont de l’ordre de 30-35 k€, avec nos revenus alternatifs qui sont pour le moment de l’ordre de 10 k€.

Mon PEA ne sera pas suffisant pour combler le déficit : en utilisant ma réserve de versement selon la législation actuelle (environ 78 k€), avec une rentabilité de 6 % et sa valeur actuelle de 100 k€, la valeur future attendue de mon PEA dans 10 ans serait d’environ 280 k€.

En admettant un rendement sur dividendes de 5,5 % (son niveau actuel), j’obtiens une rente brute de 15 000 €.

Pas si mal, c’est mieux que l’objectif de 10 000 € affiché sur mon blog. En ajoutant les 5 000 € de revenus alternatifs d’autre nature (revenus de taux, etc.), nous plafonnons à 20 000 € maximum espérés dans 10 ans.

C’est toujours moins que notre train de vie pourtant assez raisonnable, et je n’ai pas tenu compte de l’inflation dans ce calcul simpliste.

 

Comme nouvelles possibilités de revenus alternatifs nous avons envisagé :

  • l’immobilier locatif en direct dont je me méfie pour diverses raisons, parmi lesquelles une rentabilité médiocre sur notre secteur géographique que j’ai argumentée dans 2 posts récents.
    Je n’ai pas encore totalement écarté cette piste que je garde en réserve. Les biens tangibles ne sont pas forcément une mauvaise idée par les temps qui courent.

  • l’immobilier « papier » non coté (SCPI/OCPI) que j’écarte car trop frayeux en entrée et dont la liquidité du marché secondaire me laisse très dubitatif.

  • un second PEA au nom de Madame.
    Nous avons écarté cette possibilité par souci de diversification. Le PEA présente quand même certaines contraintes que je ne voulais pas multiplier par 2 : marché européen, pas d’immobilier coté, plafonds & délais à respecter, etc.

 

Au final, il nous restait la voie de la bourse au travers un compte titres ordinaire. Cette solution présente plusieurs avantages connus :

  • une diversification monétaire et géographique ;

  • la possibilité d’investir dans l’immobilier coté : impossible sur un PEA, sauf de manière détournée via certains trackers incluant des couvertures obscures (je ne touche pas si je ne comprends pas) ;

  • une disponibilité immédiate des revenus, mais fiscalisée ;

  • la faculté de mieux répartir sur l’année nos revenus alternatifs, le calendrier des revenus alternatifs étant un de nos points faibles récemment mis en lumière. Le choix d’investir en Amérique du Nord, où la majorité des grandes entreprises cotées payent un dividende sur base trimestrielle, devrait nous permettre d’améliorer cette faiblesse.

 

Perte de confiance dans la zone Euro

Notre patrimoine financier, environ 354 k€ au moment où j’écris ces lignes, est entièrement en Euros. Il présente une diversification géographique indirecte via les grandes capitalisations sur mon PEA, mais aucune diversification monétaire (à l’exception de Total dont les comptes sont publiés en USD).

Je ne me suis pas réveillé hier en doutant de la valeur des billets de banque dans mon portefeuille, mais il me semble quand même que nous sommes en train de vivre un tournant dans la jeune histoire de l’Euro.

Pour ceux qui en doutaient encore, les derniers soubresauts de la Grèce apportent la preuve éclatante que l’Euro est un Deutsche Mark déguisé inadapté aux économies du Sud de l’Europe.

Le tout est maintenant de savoir si la France est un pays du Sud ou du Nord. En attendant de le découvrir à nos dépens, nous décidons de diversifier notre patrimoine vers les devises d’Amérique du Nord (dollars américain USD et canadien CAD), et probablement aussi vers la livre sterling GBP (un retour aux sources pour nous, revoir cet article).

En fonction des développements de l’actualité, cette décision aura certainement aussi un impact sur les fonds euros logés sur nos assurances vie.

 

Le Dollar US et la Livre britannique sont proches de leur plus haut à 1 an face à l’Euro. Beaucoup d’économistes voient la parité EUR/USD d’ici 2 ans, au fur et à mesure de l’avancement du programme d’assouplissement monétaire de la BCE, et une fair value à long terme de l’ordre de 1,15 USD pour 1 EUR.

Pour le Dollar Canadien, le timing est actuellement meilleur : l’Euro cote au milieu du range du CAD sur 1 an.

 

Le timing monétaire n’est certes pas idéal pour commencer à investir outre-Atlantique, mais il n’est pas non plus catastrophique.

Le risque de change à l’achat sera dilué dans le temps par un investissement progressif. Idem pour le risque de change sur les dividendes et la rente future.

Il y aura peu de risque de change à la vente de titres puisque mon approche « buy and hold » implique un faible taux de rotation du portefeuille.

 

Les débuts du compte-titres : un plan d’investissement dans un contexte initial défavorable

Le marché actions US est proche de son plus haut historique en dépit de la récente correction de juin. L’indice large S&P 500 se paie 18 fois les profits anticipés de 2015, c’est plus que sa moyenne historique de 15, mais moins que sa valeur maximale de 20.

Avec le spectre d’une future remontée des taux obligataires et l’épée de Damoclès de la Grèce pour compléter le tableau, l’atmosphère a un parfum sulfureux de krach.

Le potentiel de baisse généralisée des marchés actions mondiaux est abyssal. La nervosité ambiante s’est d’ailleurs déjà concrétisée par une baisse de 20 % du marché chinois sur les 2 semaines écoulées.

 

Dans ce contexte général, il est hors de question d’investir en bourse massivement en « one-shot ». De toute façon, ce n’est jamais une bonne idée.

Le plan d’investissement sur le compte titres sera donc progressif.

On peut aisément estimer l’effort d’investissement à consentir : pour dégager 10 000 $ US de rente annuelle brute, il faut un capital de 200 000 $ US à terme sur la base d’un rendement sur dividendes de 5 %.

En supposant une rentabilité de 6 %, l’effort d’investissement annuel pour constituer ce capital sur 10 ans est de 15 000 $ US, auquel il faut additionner l’effort de 7 800 € par an pour amener mon PEA au taquet de versements.

Nous disposons d’une réserve de liquidités de plus de 100 k€ et d’une capacité d’épargne de 35 à 40 k€ par an.

Sans parler des 120 k€ sur nos assurances vie toutes à maturité fiscale, lesquelles sont désormais aussi des liquidités dans mon esprit.

Aucun problème donc pour assurer la trésorerie des investissements programmés sur le compte titres et le PEA.

 

Les 2 premiers mouvements sur mon compte-titres : achat de Southern et CenturyLink

Bien que le contexte boursier soit orageux, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas investir du tout.

J’ai donc ouvert le compte titres chez le courtier en ligne Binck fin juin avec un versement initial de 5 000 €, lesquels ont successivement été investis sur le fournisseur d’électricité du grand Sud-Est américain Southern Company (NYSE:SO), et sur le cablo-opérateur CenturyLink (NYSE:CTL), ce qui nous donne le certificat de baptême suivant :

portefeuille compte titres Binck juillet 2015
Cliquer pour agrandir

Je reviendrai plus tard dans le détail sur ces 2 choix initiaux. Disons que, pour le moment, je favorise les secteurs défensifs des « Utilities » (régulé aux US) et des « Télécoms ».

 

Dans le contexte actuel je me méfie de l’immobilier coté : certains REITs US et Canadiens présentent des rendements très élevés, et des distributions mensuelles tentantes (surtout au Canada).

L’immobilier coté en Amérique du Nord est fortement chahuté en bourse depuis plusieurs mois sur la simple rumeur d’une future remontée des taux obligataires.

Je n’ose pas imaginer ce qui va se passer, notamment pour les mortgage REITs (mREITs, fonds de prêts hypothécaires), quand les taux courts vont être relevés par la FED et quand les taux longs vont fortement remonter.

Pour l’instant, je m’abstiendrai sur les mREITs : investir dans le rendement ne veut pas dire investir dans des moins-value quasi certaines. Je reste cependant attentif sur les REITs standard qui peuvent présenter un caractère défensif en cas de krach boursier.

Que pensez-vous de cette stratégie ?

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One Response

  1. Stéphane

    Hello Laurent,

    Cette stratégie me parait cohérente et réalisable. (A priori, tu devrais pouvoir atteindre ton objectif d’ici moins de 10 ans )
    Tu as encore de la marge : tu ne vas pas employer toute la capacité d’épargne à cet objectif
    Les dividendes devraient aussi augmenter avec le temps et donc accélérer le processus d’enrichissement. Ta boule de neige est bien enclenchée …
    Bon week-end ensoleillé …

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